La législation européenne sur l’intelligence artificielle ne laisse aucune place à l’approximation : elle trace une frontière nette, propulsant les systèmes à haut risque dans une catégorie à part. Oubliez la complaisance administrative, ici chaque critère pèse lourd et chaque obligation redéfinit la donne pour les entreprises.
Se conformer ne se résume plus à fournir de la transparence ou une documentation technique banale : il faut désormais garantir l’auditabilité, anticiper les incidents et offrir une protection solide aux utilisateurs finaux. Les conséquences dépassent le cadre théorique : santé, recrutement, éducation, services publics… Dans ces secteurs, une simple erreur peut coûter cher, jusqu’à entraîner des pénalités qui marquent.
Comprendre la notion d’annexe 3 et la classification des systèmes d’IA à haut risque
Dans les documents officiels du ministère de l’Éducation nationale, la définition de l’annexe 3 occupe une place centrale. Ce texte, extrait du guide du rendez-vous de carrière, balise clairement son champ d’application : il précise les situations concernées, les missions encadrées et les exceptions, rares, qui dérogent à la règle. À chaque rendez-vous de carrière, l’annexe 3 structure l’évaluation de la trajectoire professionnelle d’un agent public. Trois étapes rythment cette progression : au 6e, au 8e puis au 9e échelon.
À l’issue de chaque rendez-vous, un compte rendu personnalisé est réalisé, tenant compte de la situation de l’agent. Ce document est ensuite accessible via l’application SIAE, la messagerie professionnelle ou I-prof. Durant l’entretien, la valeur professionnelle est examinée à la lumière du référentiel des compétences professionnelles. Ce référentiel détaille les attentes spécifiques selon le métier exercé, qu’il s’agisse d’enseigner, d’orienter ou d’assurer une mission d’accompagnement, et il conditionne l’accès à la hors-classe.
Pour mieux saisir la portée de ce dispositif, il faut regarder ce que cela implique au quotidien :
- Le rendez-vous de carrière devient un moment d’échange sur les compétences et les perspectives d’évolution.
- L’accompagnement continu a remplacé l’ancienne notation ainsi que les trois rythmes d’avancement classiques.
- Un document de référence de l’entretien accompagne la préparation et l’évaluation de chaque agent.
La classification des systèmes d’IA à haut risque suit un principe similaire : elle exige une traçabilité précise, des critères objectifs et une adaptation constante aux usages. Ce parallèle éclaire ce que porte l’annexe 3 : délimiter un cadre, sécuriser chaque étape, anticiper les évolutions et garantir l’équité dans l’application des textes officiels.
Quels sont les enjeux légaux et pratiques de la législation européenne sur l’intelligence artificielle ?
La législation européenne sur l’intelligence artificielle bouleverse le paysage réglementaire en posant de véritables défis juridiques. Des textes précis, comme le décret n° 2017-786 du 5 mai 2017 ou le décret n° 2017-120 du 1er février 2017, encadrent strictement l’application, la nature des documents officiels et les services impliqués.
Le cœur des exigences : garantir la traçabilité et la transparence dans l’usage des systèmes d’IA, tout en protégeant les droits de chacun. L’annexe 3 y joue un rôle pivot : elle détaille les impératifs qui s’imposent aux personnes physiques, aux entreprises et aux administrations concernant la gestion et la conservation des données, la production de rapports ou la communication avec les autorités de contrôle.
Voici ce que la réglementation impose concrètement :
- Les services doivent appliquer des listes d’exceptions et des conditions d’utilisation, minutieusement déclinées dans les annexes officielles.
- La mise en œuvre implique une adaptation rigoureuse des pratiques : suivi documentaire, gestion des évaluations, organisation d’audits internes… chaque étape est scrutée.
Le ministère de l’Éducation nationale propose guides et référentiels pour accompagner ses agents et responsables. Les exigences réglementaires deviennent une responsabilité renforcée : chaque acteur doit maîtriser les contours de la loi, anticiper les évolutions et prouver, en cas de contrôle, que ses dispositifs sont conformes. Cette exigence se retrouve dans tous les écrits administratifs, du compte rendu d’entretien à la rédaction de bilans réguliers.
Exemples concrets, obligations pour les entreprises et défis éthiques à anticiper
L’annexe 3 se matérialise à travers des procédures précises qui rythment le quotidien des agents et des entreprises. Professeurs documentalistes, CPE, PsyEN, agents administratifs : chacun voit ses obligations cadrées, de la planification des inspections à la préparation des entretiens, en passant par la restitution des appréciations via l’application SIAE ou la messagerie professionnelle. Tout est balisé : information de l’agent avant l’été, transmission du calendrier au moins quinze jours à l’avance, accès sécurisé aux appréciations individuelles.
Pour les entreprises, l’application de ces règles impose une organisation sans faille : traçabilité et archivage méticuleux des documents officiels. La moindre défaillance peut se solder par des sanctions. Les textes exigent rigueur et discipline : information personnalisée, gestion sérieuse des données, adaptation des outils numériques. Les dérogations, rares, ciblent essentiellement des situations particulières telles qu’une expatriation temporaire.
Les défis éthiques prennent toute leur dimension lorsque l’évaluation croise la question de l’équité. Les appréciations, accessibles via l’application SIAE ou I-prof, doivent représenter fidèlement l’activité professionnelle de chacun, sans biais ni omission. Transparence, équité, confidentialité : ces principes guident la rédaction des comptes rendus. La vigilance s’impose à tous les niveaux, aussi bien pour les responsables que pour les agents eux-mêmes. L’accompagnement continu, désormais privilégié, vise à renforcer la légitimité du dispositif et à garantir à chaque personne un parcours sécurisé.
L’intelligence artificielle s’invite dans les rouages administratifs, mais l’annexe 3 veille, implacable. Elle incarne ce rappel : derrière chaque procédure, il y a des personnes réelles, avec leurs droits et leurs attentes, que la conformité seule ne saurait faire oublier.


